Guerre de mouvement – Guerre de position

A l’occasion des assemblées générales de quartier en juillet 2015, j’ai utilisé les expressions « guerre de mouvement et guerre de position » pour qualifier les phénomènes de délinquance auxquels nous sommes confrontés ces derniers temps. N’en déplaise aux beaux esprits qui se sont (faussement) émus de la formule-choc, derrière les mots se vit une réalité qui perdure en 2016.

Guerre de mouvement

En employant cette expression, je faisais référence aux rodéos et aux mariages exubérants auxquels notre ville, comme d’autres grandes villes, est confrontée. La guerre de mouvement, c’est la lutte contre des phénomènes mobiles qui pourrissent le quotidien des Orléanais. Ces comportements dangereux, qui sont le fruit d’une petite minorité, relèvent autant du code de la route et du code pénal que de l’incivilité et de la provocation. Ils sont triplement inacceptables : parce qu’ils font courir des risques aux autres, parce qu’ils font subir aux Orléanais des nuisances à la limite du supportable et parce qu’ils sont autant de bras d’honneur à la République.

IMG_0891Les combattre demande énormément de moyens car la mobilité est complexe à contraindre. Le combat est quotidien et rude. Il demande aussi beaucoup de discernement et de professionnalisme de la part des forces de l’ordre. Il faut agir, s’agissant des rodéos, sur le renseignement de proximité et la vidéoprotection, sur les lieux de parking des engins, sur les lieux de ravitaillement en carburant, sur l’étroite coopération entre polices, sur la mobilisation de moyens très importants pour les opérations de terrain qui sont toujours risquées, sur la destruction systématique des 2 roues non homologués… Tout cela, nous le faisons, certes de manière imparfaite, mais nous ne lâchons pas. En 2014, la Police municipale d’Orléans a réalisé une centaine d’actions de lutte anti-rodéos, immobilisé 44 motos ou quads et dressé 64 procès-verbaux. En 2015, 80 actions conduites pour 29 immobilisations et 119 procès-verbaux, soit un doublement. Nous poursuivons cette année encore ces actions de terrain.

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Pour les mariages exubérants, qui sont en fait des mariages qui se veulent d’abord communautaires, la mise en place de la Charte des mariages en 2011 a permis une certaine régulation du phénomène. La plupart des mariés comprennent parfaitement la nécessité de respecter des règles pour que leur fête soit belle et que ce jour de joie pour eux ne soit pas terni par quelques abrutis. Mais il en reste encore qui pensent que le mariage leur donne un droit absolu de tout faire, à commencer par se mettre eux-mêmes en danger.

La conduite d’opérations communes avec la Police nationale aux abords du jardin des plantes, lieu de rendez-vous incontournable pour qui veut profiter d’un écrin de verdure exceptionnel, a produit des effets. 6 opérations conjointes noté été conduites en 2014, 5 en 2015. Je rencontre régulièrement les riverains qui sont les premiers à subir ces nuisances. Ils sont excédés, même s’ils reconnaissent les effets positifs, mais temporaires, de ces opérations. Nous sommes à leur côté pour continuer cette lutte.

Guerre de position

La guerre de position à laquelle je faisais allusion est celle que nous menons tous les jours dans différents endroits de la ville pour conserver la maîtrise de l’espace public.

Certains groupes, très souvent en lien avec du trafic de stupéfiants, se sont mis en tête que la rue était leur propriété. Le phénomène est géographiquement circonscrit mais il est visible et nuisible.

La police municipale, je le rappelle, n’a pas de compétence en matière de lutte contre les stupéfiants, en matière d’enquêtes judiciaires et ne peut travailler en civil. Ses moyens légaux d’intervention sont donc à cet égard limités.

Il n’empêche qu’elle mène tous les jours, et souvent seule, cette guerre de position qui consiste à reprendre le contrôle d’un morceau de rue, d’un carrefour, à gêner dans ses « affaires » tel ou tel groupe, à recueillir du renseignement de proximité qui sera ensuite exploité par la police judiciaire.

Prenons un seul exemple : le secteur Carmes. La Police municipale y assure une présence de 6 à 8 heures par jour… Depuis début 2015, nous en sommes à plus de 300 interventions, 140 PV, 88 interpellations, 17 prises de stupéfiants,… L’opposition municipale nous reproche souvent le mélange des genres en expliquant que la police municipale d’Orléans ne doit pas faire le job de la police nationale. Mais que se passerait-il si la PM désertait la rue des Carmes??

La PM d’Orléans a réalisé en 2015 une soixantaine de découvertes de stupéfiants, dont 1,5 kg de cannabis en septembre. Pas si mal pour une police réputée « incompétente »…

Guerre de mouvement, guerre de position : je persiste et je signe!

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