Archives mensuelles : avril 2017

Tribulations de collégiens orléanais en Chine

Ils s’appellent Idrissa, Julie, Nafissatou, Saef, Julien, Ibrahim… Ils sont collégiens au collège Jean Rostand à Orléans (canton Orléans 4, bien sûr). Depuis trois ans, date à laquelle les premiers d’entre eux ont débuté l’apprentissage du chinois, ces 19 collégiens, emportés par le volontarisme de leurs professeurs et encadrants, ont nourri le projet d’aller en Chine.

Le recours au crowdfouding a permis de boucler le financement du voyage

En Chine ! A l’autre bout du monde ! Une autre civilisation, plusieurs fois millénaire ; une Nation faite de 60 « nationalités » et de dialectes au moins aussi nombreux ; un pays continent qu’une vie entière ne suffirait pas à appréhender ; une culture multiséculaire si loin de la nôtre ; une société d’essence confucéenne tiraillée entre respect des traditions et ouverture au monde ; une démocratie « populaire » qui se nourrit du libéralisme économique ; une puissance géopolitique d’un milliard 200 millions d’habitants qui fait désormais jeu égal avec les Etats-Unis.

La Chine, cet Ailleurs

En Chine ! Ces mots résonnent dans nos têtes comme l’Ailleurs par excellence. La Chine est presque aux confins du monde pour un Français. Partir en Chine, c’est se mettre dans les pas de Marco Polo et des pères jésuites, remonter le temps pour mieux se projeter dans le monde de demain.

Imaginez donc l’envie, l’excitation et la curiosité se mêlant à l’appréhension dans les têtes de nos collégiens français ! Leur périple jaune les a pourtant conduits à Shangaï, Yangzhou (ville désormais jumelle d’Orléans), Changsha, Yueyang et Pékin. Entre tourisme, culture et immersion linguistique, ils ont découvert, yeux grands ouverts, les mille facettes d’un pays rêvé trois années durant : le gigantisme des buildings d’affaires ultramodernes et l’effervescence de la mégalopole occidentalisée de Shangaï ; les immeubles d’habitation de 30 ou 40 étages, alignés le long des autoroutes par paquets ; les temples bouddhistes mais aussi les mosquées et les églises ; les jardins, notamment ceux de Yangzhou, érigés en art majeur ; la majesté du Yang Tsé Kiang; la cuisine aux saveurs et aux textures si fines. Et toujours cette masse humaine qui s’agite, va et vient sans cesse, industrieuse, commerçante, bâtisseuse. Une fourmilière.

Une vraie immersion culturelle

Hébergés dans des familles à Yangzhou, nos jeunes Français ont aussi vécu au rythme de leurs correspondants une vie de collégiens chinois l’espace de quelques jours. Repas en famille, (vraie) nourriture chinoise, nuit dans des lits au confort chinois (dur, dur), cadeaux, promenades, jeux,… Ils ont pu également toucher du doigt la vie estudiantine de leurs correspondants en uniforme, leurs classes, leurs professeurs, et partager avec eux quelques activités, y compris physiques comme une séance d’initiation au tai-chi. Bref, une expérience humaine très dense qui va les surprendre et les marquer profondément.

Le rapport à l’Autre s’en trouve modifié. Dans leur collège, dans leur quartier, ils se reconnaissent parce qu’ils se ressemblent. A Shangaï ou à Yangzhou, perdus dans la marée humaine des Han, ils sont l’Autre, celui qui est différent. Les Chinois ont été très nombreux à leur demander en pleine rue de se prendre en photo avec eux qui n’ont pas les yeux bridés et qui ont la peau blanche, noire ou basanée. Ils étaient une curiosité. Comme de véritables stars, ils ont joué le jeu, provoquant des scènes très drôles de choc des cultures.

Mine de rien, nos petits Français ont, à leur échelle, représenté leur pays. C’est ce que je leur ai dit dans le car peu avant d’arriver à Yangzhou. Ils en étaient, je pense, un peu surpris. Eux, les enfants de l’Argonne, ont porté sur leurs épaules cette identité et cette responsabilité aux yeux des Chinois qu’ils ont croisés. Ils ont parfaitement assumé cette charge nouvelle pour eux.

Orléans – Yangzhou : une coopération prometteuse

http:/http://www.orleans-metropole.fr/1462/partenariat-avec-yangzhou.htm

Contrairement à ce que prétend un proverbe chinois selon lequel « il n’y a que les fous et les Européens qui voyagent », les Chinois sont bien partis à la conquête du monde. Les Français eux-aussi sont désormais plus sensibles à l’ouverture internationale qui devient une évidence – pour ne pas dire une exigence. La coopération entre les villes d’Orléans et de Yangzhou, initiée en 2015, s’inscrit dans cette dynamique réciproque. C’est pourquoi elle connaît un rythme soutenu, portée par une volonté politique commune. Et les choses vont vite en effet.

En marge du voyage des collégiens se jouait une autre partition : après l’impulsion donnée par le second déplacement du maire d’Orléans, Olivier CARRE, en mars dernier, celui auquel j’ai eu l’honneur de participer a permis d’approfondir nos coopérations dans le domaine de l’éducation. Les rencontres officielles que j’ai menées ont montré que les opportunités sont potentiellement nombreuses, dans le primaire, le secondaire mais aussi le supérieur. Une représentante de l’Académie Orléans-Tours faisait aussi partie du voyage pour pousser les feux. Grâce à ce travail collectif, les voies sont maintenant bien ouvertes. Objectif atteint.

Loin des lichés, le collège Jean Rostand se place ainsi à l’avant-garde de l’ouverture internationale et d’un monde en pleine mutation. Ses responsables administratifs, ses professeurs, ses élèves portent, avec d’autres, notre ambition de faire rayonner Orléans.

Ils s’appellent Idrissa, Julie, Nafissatou, Saef, Julien, Ibrahim… Ils sont collégiens au collège Jean Rostand à Orléans. Ils ont conquis la Chine.