Facturation des ivresses publiques et manifestes : l’exemple orléanais

https://www.francetvinfo.fr/replay-jt/france-3/soir-3/jt-grand-soir-3-jeudi-28-decembre-2017_2532439.html

Le Grand Soir 3 revient sur l’initiative orléanaise de facturer les frais de transport liés aux ivresses publiques et manifestes. Une première en France qui participe à la lutte contre les incivilités, à la tranquillité publique…et qui fait des émules.

Pour 100 jours, t’as plus rien!

Les premiers chiffres sont tombés : selon un sondage Elabe publié hier, 50% des Français estiment qu’il est trop tôt pour juger de l’action du Président Macron. 14% pensent d’ores et déjà qu’elle est satisfaisante, 36% la jugent décevante.

Sondage Elabe sur les 100 jours du Président Macron

On comprend bien l’embarras des Français auquel il est difficile d’échapper. Bien maigre bilan en vérité 3 mois après l’élection d’Emmanuel Macron.

Il fut un temps (que les moins de vingt ans ne peuvent pas connaître) où les 100 jours marquaient la France. Je ne parle pas du vol de l’Aigle qui se fracassa à Waterloo mais des premiers pas de nos monarques républicains. Fut donc un temps où l’on disait que ce qui n’était pas fait dans les 100 jours ne le serait jamais.

Un peu d’histoire Lire la suite

Un vote blanc et libre

En plaçant en-tête du 1er tour de l’élection présidentielle Emmanuel Macron, les Français ont voulu mettre un sérieux coup de pied dans la fourmilière des partis de gouvernement. C’est aussi ce que plus de 40% des électeurs ont voulu dire en votant pour des candidats aux extrémités de l’échiquier politique. Finie l’alternance entre les meilleurs ennemis du bipartisme.

Emmanuel Macron est en passe de réaliser le casse du siècle. En deux ans. A la fois animal politique au sang froid technocratique, gendre idéal et ministre transgressif, banquier d’affaires aux postures christiques, il a pulvérisé le PS. Il vient aussi d’évincer du 2nd tour de l’élection présidentielle la droite de gouvernement. Pour la première fois depuis le début de la Vème République. Un séisme.

Nous, les électeurs de la droite et du centre, devons désormais choisir entre Le Pen ou Macron.

Nous avons le choix entre le basculement vers une forme de radicalité, ce qu’une frange de l’électorat, portée par l’audace décomplexée de Nicolas Dupont-Aignan, envisage très sérieusement, et le ralliement impératif à la modernité proclamée en marche, très en vogue ces derniers jours.

Cette situation inédite laisse une partie du peuple de droite orpheline. J’en fais partie.

Elle ne se reconnait ni dans Le Pen ni dans Macron. Elle refuse ce match qui n’est pas le sien. Elle n’envisage évidemment pas le vote Le Pen comme une option. Elle ne croit pour autant ni à la nature messianique du Piccolo Principe ni aux vertus supposées d’un front républicain qui n’a cessé de faire grandir le FN.

L’échec du front républicain

Le front républicain, constamment convoqué au nom de la morale, a prouvé depuis 30 ans sa totale inefficacité à enrayer l’inexorable montée du vote Front national. Pire, il l’a alimentée. En victimisant un parti au programme irréaliste et aux dérapages verbaux pourtant nauséeux et inacceptables ; en barrant artificiellement l’accès du FN aux responsabilités locales contre la volonté des électeurs (comme aux dernières élections régionales) alors que ses rares expériences de gestion municipale ont été des échecs ; en poussant dans ses retranchements un électorat qui fut pour partie jadis le nôtre, celui du PS ou du PCF.

Tous ceux qui ont intérêt à notre affaiblissement ont bien raison de nous sommer à rallier le front républicain. Mitterrand avait théorisé ce redoutable piège pour la droite.

Force est de constater qu’il est toujours aujourd’hui politiquement incorrect de ne pas se ranger promptement derrière cette ligne Maginot.

En érigeant l’anathème moral en ligne politique, nous nous exonérons d’un diagnostic réaliste qui, si nous avions la lucidité de le faire, mettrait en lumière une certaine impuissance publique, un manque de résultats concrets, des engagements reniés, des pratiques démocratiques critiquables. Pour lutter contre le Front national, ennemi politique, il nous faut plus de réalisme, plus d’efficacité, plus d’exemplarité.

Le confortable et trop convenu appel à la morale ne changera rien, bien au contraire, à ce constat que nos compatriotes dressent secrètement dans l’isoloir. Au demeurant, nous avons les uns et les autres passé l’âge de recevoir des leçons de morale. Notamment de la part de certains dont les ambitions personnelles ont clairement guidé les positions de l’entre deux tours.

Non au blanc seing

Libre, cet électorat orphelin ne se sent pas contraint de verser dans un ralliement de pure circonstance à un homme combattu hier encore.

Il a un programme flou. Ménageant habilement les attentes des uns à droite et des autres à gauche, le berger Macron est aujourd’hui à la tête d’un troupeau bien hétérogène de chiens et de loups. Avec ou sans majorité parlementaire, sa ligne politique sera compliquée à tenir. En a-t-il seulement une ?

S’il a manifestement du charisme, quelle est en revanche sa crédibilité personnelle à diriger une puissance nucléaire, négocier avec le président chinois ou russe, combattre le terrorisme ou commander nos armées ? Inconnu il y a deux ans encore, un écran de fumée médiatique a accompagné son ascension politique. Mais quel homme d’Etat nous laissera apparaître le brouillard dissipé ? Impossible de répondre aujourd’hui.

Je ne souhaite faire aucun procès d’intention à Emmanuel Macron. Mais je ne lui ferai pas un chèque en blanc.

Voter Macron au 2nd tour de l’élection présidentielle, ce serait aussi mettre en danger nos candidats aux élections législatives. Pourquoi les Français voteraient-ils pour nos candidats LR/UDI en juin après que nous les ayons nous mêmes appelés à voter Macron en mai? Nous devons défendre notre programme et nos candidats au risque, sinon, de disparaître de l’échiquier nous aussi. Donnons-nous une chance d’imposer une cohabitation.

Pour l’ensemble de ces raisons, je voterai blanc au 2nd tour de l’élection présidentielle. Comme beaucoup de Français silencieux.

Mais, plus que le Messie du 7 mai, ce que j’attends aujourd’hui c’est –ENFIN- une rénovation profonde de ma famille politique, Les Républicains.

Comme Marine Le Pen, Emmanuel Macron s’est nourri de nos échecs.

Absente du 2nd tour, notre famille politique n’a d’autre choix que de se tourner vers l’avenir. Il n’est que temps de balayer devant notre propre porte. Il n’est que temps de réinterroger notre organisation, nos méthodes, notre manière de penser l’action politique.

C’est à cette recomposition là que je veux participer. Ardemment. Hardiment.

Tribulations de collégiens orléanais en Chine

Ils s’appellent Idrissa, Julie, Nafissatou, Saef, Julien, Ibrahim… Ils sont collégiens au collège Jean Rostand à Orléans (canton Orléans 4, bien sûr). Depuis trois ans, date à laquelle les premiers d’entre eux ont débuté l’apprentissage du chinois, ces 19 collégiens, emportés par le volontarisme de leurs professeurs et encadrants, ont nourri le projet d’aller en Chine.

Le recours au crowdfouding a permis de boucler le financement du voyage

En Chine ! A l’autre bout du monde ! Une autre civilisation, plusieurs fois millénaire ; une Nation faite de 60 « nationalités » et de dialectes au moins aussi nombreux ; un pays continent qu’une vie entière ne suffirait pas à appréhender ; une culture multiséculaire si loin de la nôtre ; une société d’essence confucéenne tiraillée entre respect des traditions et ouverture au monde ; une démocratie « populaire » qui se nourrit du libéralisme économique ; une puissance géopolitique d’un milliard 200 millions d’habitants qui fait désormais jeu égal avec les Etats-Unis.

La Chine, cet Ailleurs

En Chine ! Ces mots résonnent dans nos têtes comme l’Ailleurs par excellence. La Chine est presque aux confins du monde pour un Français. Partir en Chine, c’est se mettre dans les pas de Marco Polo et des pères jésuites, remonter le temps pour mieux se projeter dans le monde de demain.

Imaginez donc l’envie, l’excitation et la curiosité se mêlant à l’appréhension dans les têtes de nos collégiens français ! Leur périple jaune les a pourtant conduits à Shangaï, Yangzhou (ville désormais jumelle d’Orléans), Changsha, Yueyang et Pékin. Entre tourisme, culture et immersion linguistique, ils ont découvert, yeux grands ouverts, les mille facettes d’un pays rêvé trois années durant : le gigantisme des buildings d’affaires ultramodernes et l’effervescence de la mégalopole occidentalisée de Shangaï ; les immeubles d’habitation de 30 ou 40 étages, alignés le long des autoroutes par paquets ; les temples bouddhistes mais aussi les mosquées et les églises ; les jardins, notamment ceux de Yangzhou, érigés en art majeur ; la majesté du Yang Tsé Kiang; la cuisine aux saveurs et aux textures si fines. Et toujours cette masse humaine qui s’agite, va et vient sans cesse, industrieuse, commerçante, bâtisseuse. Une fourmilière.

Une vraie immersion culturelle

Hébergés dans des familles à Yangzhou, nos jeunes Français ont aussi vécu au rythme de leurs correspondants une vie de collégiens chinois l’espace de quelques jours. Repas en famille, (vraie) nourriture chinoise, nuit dans des lits au confort chinois (dur, dur), cadeaux, promenades, jeux,… Ils ont pu également toucher du doigt la vie estudiantine de leurs correspondants en uniforme, leurs classes, leurs professeurs, et partager avec eux quelques activités, y compris physiques comme une séance d’initiation au tai-chi. Bref, une expérience humaine très dense qui va les surprendre et les marquer profondément.

Le rapport à l’Autre s’en trouve modifié. Dans leur collège, dans leur quartier, ils se reconnaissent parce qu’ils se ressemblent. A Shangaï ou à Yangzhou, perdus dans la marée humaine des Han, ils sont l’Autre, celui qui est différent. Les Chinois ont été très nombreux à leur demander en pleine rue de se prendre en photo avec eux qui n’ont pas les yeux bridés et qui ont la peau blanche, noire ou basanée. Ils étaient une curiosité. Comme de véritables stars, ils ont joué le jeu, provoquant des scènes très drôles de choc des cultures.

Mine de rien, nos petits Français ont, à leur échelle, représenté leur pays. C’est ce que je leur ai dit dans le car peu avant d’arriver à Yangzhou. Ils en étaient, je pense, un peu surpris. Eux, les enfants de l’Argonne, ont porté sur leurs épaules cette identité et cette responsabilité aux yeux des Chinois qu’ils ont croisés. Ils ont parfaitement assumé cette charge nouvelle pour eux.

Orléans – Yangzhou : une coopération prometteuse

http:/http://www.orleans-metropole.fr/1462/partenariat-avec-yangzhou.htm

Contrairement à ce que prétend un proverbe chinois selon lequel « il n’y a que les fous et les Européens qui voyagent », les Chinois sont bien partis à la conquête du monde. Les Français eux-aussi sont désormais plus sensibles à l’ouverture internationale qui devient une évidence – pour ne pas dire une exigence. La coopération entre les villes d’Orléans et de Yangzhou, initiée en 2015, s’inscrit dans cette dynamique réciproque. C’est pourquoi elle connaît un rythme soutenu, portée par une volonté politique commune. Et les choses vont vite en effet.

En marge du voyage des collégiens se jouait une autre partition : après l’impulsion donnée par le second déplacement du maire d’Orléans, Olivier CARRE, en mars dernier, celui auquel j’ai eu l’honneur de participer a permis d’approfondir nos coopérations dans le domaine de l’éducation. Les rencontres officielles que j’ai menées ont montré que les opportunités sont potentiellement nombreuses, dans le primaire, le secondaire mais aussi le supérieur. Une représentante de l’Académie Orléans-Tours faisait aussi partie du voyage pour pousser les feux. Grâce à ce travail collectif, les voies sont maintenant bien ouvertes. Objectif atteint.

Loin des lichés, le collège Jean Rostand se place ainsi à l’avant-garde de l’ouverture internationale et d’un monde en pleine mutation. Ses responsables administratifs, ses professeurs, ses élèves portent, avec d’autres, notre ambition de faire rayonner Orléans.

Ils s’appellent Idrissa, Julie, Nafissatou, Saef, Julien, Ibrahim… Ils sont collégiens au collège Jean Rostand à Orléans. Ils ont conquis la Chine.

Fracture fiscale

Après la malheureuse défaite des Bleus dimanche, ce début d’été nous apporte une autre nouvelle qui risque de mettre là encore à mal notre sentiment national : « Toujours moins de Français paient l’impôt sur le revenu » pour reprendre le titre évocateur du journal Les Echos du jour (Article Les Echos, 13 juillet 2016). Après la fracture sociale de 1995, la fracture fiscale de 2017?

Le discret rapport annuel de la Direction générale des finances publiques relève en effet que, sur les 34,7 millions de foyers fiscaux français, seuls 17,1 paient désormais l’impôt sur le revenu. Moins de un Français sur deux. L’information n’est malheureusement pas nouvelle mais ce qui est inquiétant c’est la pente dans laquelle nous sommes engagés depuis 2013.

Sous le précédent quinquennat, un effort avait au contraire été produit pour redonner à l’impôt sur le revenu un peu de son caractère universel. Au prix de certaines hausses il est vrai, mais imposées à la suite de la crise exceptionnelle de 2008/2009.

La fracture fiscale

Après les augmentations d’impôts  qui avaient porté à 52,3% la part des foyers fiscaux payant l’IR, nous voici depuis 2014 sur un toboggan de baisses fiscales très ciblées et bien ordonnées dans un agenda politique transparent. L’objectif politique est clair et totalement assumé depuis longtemps : « Le but est de faire sortir le plus de personnes de l’impôt sur le revenu » (Manuel Valls, Article Le Monde, 16 mai 2014). On ne saurait mieux dire! L’idée est, peut-être, que tous ces heureux bénéficiaires remercient leur généreux mécène en mai 2017.

L’argument invoqué, celui de la pression fiscale, ne tient pas. C’est bien ceux du sens de l’impôt, d’une part, et de sa répartition, d’autre part, qui sont en revanche posés.

Quel est le sens d’un impôt que la moitié de la population ne paie pas? Au nom d’une justice sociale formelle, c’est la justice fiscale qui est sacrifiée. Or, on l’oublie trop souvent, elle est aussi l’un des piliers de notre pacte social comme l’affirme l’article 13 de la Déclaration des Droits de l’Homme et du Citoyen : « Pour l’entretien de la force publique, et pour les dépenses d’administration, une contribution commune est indispensable : elle doit être également répartie entre tous les citoyens, en raison de leurs facultés » Légifrance, Déclaration des Droits de l’Homme et du Citoyen.

« A raison de leurs facultés »… La question n’est donc pas la pression fiscale -qu’il faut faire baisser par ailleurs- mais celle de la répartition entre tous les Français par une contribution générale et proportionnée en fonction de ses revenus. Payer l’impôt est vertueux. C’est une question autant macro-économique (avec 72 Mdeuros, l’IR ne rapporte plus que 25% des recettes fiscales de l’Etat) que politique. Car le consentement à l’impôt forge le sentiment national; il permet de toucher du doigt la matérialité d’un destin commun. La nature humaine est ainsi faite qu’il n’y a pas mieux que de mettre la main à la poche pour se sentir concerné!

Une dangereuse muraille entre les Français

En annonçant encore des cadeaux fiscaux de 2 milliards d’euros pour 2017, qui s’ajoutent aux 2 milliards d’euros en 2016, en supprimant la première tranche de l’IR en 2015, en baissant le plafond du quotient familial en 2014, François Hollande ne cesse de faire l’inverse. Il renforce le sentiment d’injustice (10% des foyers fiscaux paient 67% de l’IR), il élève avec cynisme une dangereuse muraille entre les Français (les « vaches à lait » contre les « assistés ») et accentue la perte de repères républicains dans notre espace public (ce que je ne paie pas n’a pas de valeur).

Pour une contribution républicaine minimum

Je rejoins pour ma part celles et ceux qui, du Front de gauche à Bruno Le Maire, en passant par les Frondeurs du PS, Alain Juppé, François Fillon ou François Bayrou, prônent l’instauration d’une contribution véritablement universelle, individuelle et proportionnée, avec un minimum à payer quelque soit le contribuable. La (complexe) fusion de l’IR et de la CSG, promise par François Hollande (engagement n°14), allait dans ce sens. Il a fait exactement le contraire.

Le prochain président devra traiter ce sujet à fort enjeu politique, économique et social au risque, sinon, de laisser ce puissant ferment de désintégration sociale fracturer encore un peu plus notre pays.